Déclarer mon amour ou me taire, quel cruel dilemme qui est posé là a mon coeur. D'un côté, l'aimer, ce serait la trahir, trahir cette amitié qui existe entre nous depuis tant d'années, trahir cette confiance qu'elle a mise en moi en faisant de moi son plus intime confident. Je ne pourrais pas vivre en l'ayant trahie. Mais d'un autre côté, je ne pourrais pas vivre sans elle non plus, vivre sans cette beauté qui éclaire ma vie, vivre sans cette personne qui m'aide tant dans les coups dures. Ah ! Que son départ me tourmente, si seulement j'avais pu le prévoir, j'aurais pu profiter de ces années merveilleuses passées avec elle, mais pas seulement en tant qu'ami. Maintenant qu'elle va partir, je me refuse de l'aimer, pour ne pas encore rendre son départ plus dur qu'il ne l'est déjà. Comment vais-je réussir à vivre sans elle ? Comment vivre sans la voir chaque jour ? Elle qui m'apporte tant, elle qui, rien que par sa présence, a le don de calmer mes colères, qui par ses paroles, peut atténuer mon chagrin, et qui, par sa beauté, peut si facilement et si simplement enjouer ma vie. Je ne veux pas trahir cette personne unique à mes yeux en l'aimant, mais je l'aime trop pour pouvoir la perdre sans rien faire. Si seulement je pouvais la suivre, mais cela m'est impossible. Je dois me résigner à la laisser s'en aller, si loin de moi, mais mon âme la suivra. Que c'est cruel de devoir laisser partir cette personne à qui je pense en m'endormant, à qui je rêve toutes les nuits, et à qui je pense toute la journée. Je ne pourrais pas supporter de la faire souffrir en rendant son départ plus dur qu'il ne l'est déjà, mais je ne sais pas si je pourrais supporter de ne pas lui dire en face ce que ressent pour elle, ce pourquoi le courage m'a manqué depuis quelques années déjà, mais je préfère encore souffrir le martyr que la faire souffrir encore plus que ce qu'elle va ressentir a son départ, et c'est pourquoi je ne lui dirais rien et souffrirais en silence, jusqu'à ce que le destin, s'il le veut, nous réunisse à nouveau, peut-être pour le meilleur et pour le pire...
by Pierre Jager